Charlotte Rimbaut
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Paris
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Cette errance n’est pas une absence de cadre, mais un protocole ouvert. Elle me permet de ralentir, de suspendre les logiques productives et d’installer une temporalité différente, propice à une attention accrue aux formes, aux matières et aux surfaces. Ce qui déclenche le geste photographique n’est pas un paysage identifié ou une situation, mais l’apparition de matérialités brutes : roches, textures, densités, fragments du réel perçus avant toute lecture narrative.
L’absence de figures humaines est volontaire. Elle vise à éviter une interprétation sociale ou anecdotique immédiate et à déplacer la présence humaine vers le regard et le geste photographique. Mon humanité s’inscrit dans les choix opérés, dans le cadrage, mais surtout dans l’action exercée sur l’image : altérations, détériorations, extractions de détails, suppressions. La photographie n’est pas envisagée comme un outil de conservation, mais comme un espace de transformation.
Le recours à des processus lents, notamment l’argentique, participe de cette relation physique et temporelle à l’image. La matérialité du médium fait écho aux matières photographiées et renforce un rapport direct, non spectaculaire, au monde. L’image devient alors un lieu d’expérimentation sensible, où le regard est invité à s’attarder, à ralentir, à éprouver plutôt qu’à comprendre.
L’ensemble présenté ne propose pas un récit ni une représentation d’un ailleurs identifiable, mais la construction d’un espace autonome. L’accrochage est pensé comme un dispositif d’expérience, dans lequel les images dialoguent entre elles pour instaurer une suspension du temps et du regard. Le travail propose ainsi une forme de retrait temporaire du monde social, non comme fuite, mais comme tentative de recomposition d’un rapport plus simple, plus primaire, à ce qui nous entoure.